Bonaventure interrompt son écriture et contemple la montagne depuis la fenêtre d’une cellule simple à l’Alverne
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Livre IV · Encre, pierre et mémoire · Chapitre 12

Bonaventure et la montagne de l’âme

À l’Alverne, le grand professeur et ministre franciscain chercha la paix. Sa montagne devint un chemin entre création, intelligence, amour et silence.

Un étudiant devenu ministre

Bonaventure naquit à Bagnoregio, probablement entre 1217 et 1221. Il étudia à Paris, entra chez les Frères Mineurs et devint maître en théologie. En 1257, il fut élu ministre général d’un Ordre déjà vaste et traversé par des débats sur la pauvreté et l’héritage de François.

L’Alverne comme chemin intérieur

Vers 1259, Bonaventure visita l’Alverne, lieu associé aux stigmates de François. Il y conçut l’Itinéraire de l’âme vers Dieu. La montagne réelle devient architecture spirituelle : le monde créé porte des traces du Créateur ; l’être humain découvre en lui mémoire, intelligence et volonté ; la connaissance s’accomplit dans l’amour et le silence.

Il ne méprise pas la raison. Professeur, il construit des arguments précis. Mais il sait qu’un concept ne possède pas Dieu. L’étude doit conduire à la sagesse, et la sagesse à une vie transformée.

Organiser une mémoire

Bonaventure écrivit aussi la Légende majeure de François, adoptée comme biographie officielle en 1263. Son œuvre unifia la mémoire de l’Ordre, mais contribua aussi à mettre d’autres récits de côté. Il faut donc la lire comme source majeure et comme interprétation.

Créé cardinal, Bonaventure participa au concile de Lyon et y mourut en 1274. Sa montagne demeure une invitation : lire le monde avec intelligence, puis laisser l’amour nous conduire au-delà de ce que les mots peuvent enfermer.

Sources et lectures

  1. Œuvres de BonaventureTextes et études.
  2. Benoît XVI sur BonaventureVie et pensée.